Les élus socialistes cumulards contre l'avis des militants ?
L’affaire du cumul des mandats au sein du Parti Socialiste, à laquelle le blog Couramiaud.fr a consacré différents articles depuis plusieurs semaines (voir le dernier article), fait aujourd’hui la une de la presse départementale.
Pour mémoire, il convient de rappeler que les militants du PS ont démocratiquement décidé que tout dirigeant socialiste d’un exécutif local devrait systématiquement renoncer à ses fonctions en septembre 2012 s'il venait à être élu député en juin, et ce, indépendamment de la position des autres mouvements politiques sur le sujet. Cette disposition s'applique aussi aux sénateurs socialistes élus en 2011.
Dans la Loire, pas moins de cinq candidats socialistes sur six sont susceptibles d'être concernés par cette règle de limitation du cumul des mandats au terme des prochaines élections législatives.
Parmi ces candidats, Madame Laure DEROCHE, maire de Roanne, a déjà clairement laissé entendre qu’elle ne voit aucun inconvénient à cumuler plusieurs mandats, même si cela va à l’encontre de la décision des militants de son parti et de ses promesses électorales de 2008 comme ses opposants ne manquent pas de le souligner.
Ce reniement d’un engagement collectif qui dépasse les seuls intérêts de Madame DEROCHE a choqué de nombreux militants socialistes du pays roannais qui attendaient sans doute mieux de la part d’une élue locale censée incarner une nouvelle pratique du pouvoir.
Moins précis sur ses intentions que sa collègue de Roanne, le maire de Saint-Chamond se contente pour sa part de réaffirmer son opposition personnelle au cumul des mandats tout en évoquant paradoxalement la possibilité d’y recourir en 2012.
Avançant le prétexte qu’il ne s’agit pas d’une priorité des Français, Monsieur KIZIRIAN semble ainsi suggérer que les élus socialistes pourraient s’autoriser à cumuler les mandats en dépit des obligations qui leur sont imposées par leurs propres militants et de leur hostilité déclarée à l'égard de cette pratique jugée contestable.
Voilà un raisonnement équivoque qui fait bien peu de cas de la démocratie interne au sein du Parti Socialiste.
Signataire de la règle de non cumul des mandats avec la grande majorité des militants socialistes, le maire de Saint-Chamond voudrait aujourd’hui s’affranchir de l’obligation qui en découle, à savoir abandonner son fauteuil de maire s’il veut siéger sur les bancs de l’assemblée nationale.
Personne ne lui a donc dit au PS que la signature de la règle pouvait aussi l’engager à l’appliquer ?
Ou alors la limitation du cumul des mandats décidée par les militants est-elle un engagement à la carte que chacun des élus socialistes peut modeler à sa guise, selon ses propres convenances ?
Non, en vérité, les différents arguments en faveur du cumul des mandats auxquels s’accrochent les candidats socialistes manquent singulièrement de cohérence.
Leurs justifications alambiquées ne sont absolument pas recevables sauf à admettre que les élus du PS peuvent se libérer comme bon leur semble des règles édictées démocratiquement par leurs militants ; sauf à présumer aussi que les valeurs et le projet de gouvernance défendus par la base ne vont pas au-delà de privilèges d'intérêt supérieur que s’accordent entre eux les notables du Parti Socialiste.
Une question se pose alors : comment des candidats qui ne respecteraient pas les engagements pris devant leurs propres militants pourraient-ils apparaître crédibles d’une quelconque façon aux yeux des Français ?
D'ailleurs, comment pourraient-ils même prétendre représenter celles et ceux, parmi le peuple socialiste, qui attendent d'eux une pratique irréprochable du pouvoir, fondée sur le respect des promesses faites ?
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