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Démocratie participative recherche participants désespérément

« Une assistance encore aux rangs très clairsemés, la cinquième et avant-dernière réunion de présentation du renouvellement des conseils de quartier tenue mardi soir (...) n’a pas suscité une formidable mobilisation des habitants. C’était déjà le cas précédemment à Saint-Julien et à Izieux, un peu moins vrai à Fonsala (...) Â»
« C’est devant un maigre public constitué en majorité de conseillers sortants du conseil de quartier du Creux, que Catherine Martins et Sauveur Cuadros, les deux élus municipaux en charge de la démocratie locale ont terminé, mercredi soir, leur tour de ville (…) Â»

Ainsi la presse locale résumait-elle en décembre les dernières réunions de la campagne menée par la majorité municipale dans toute la ville de Saint-Chamond pour promouvoir les conseils de quartiers et préparer le renouvellement de ces instances en 2012.

Depuis la première réunion publique à Saint-Julien, pour laquelle « seulement neuf personnes avaient effectué le déplacement Â» selon la presse, force est de constater que la tournée publicitaire de la majorité municipale n’a pas rencontré le succès escompté auprès de nos concitoyens.



Dans le magazine municipal de novembre dernier, un dossier spécial de 5 pages avait pourtant été consacré aux conseils de quartier afin de lancer leur campagne promotionnelle dans les meilleures conditions ; les conseils étaient alors présentés comme l’initiative « la plus emblématique en matière de démocratie participative Â» depuis 2008.

Selon ses organisateurs, la démocratie participative se décline à Saint-Chamond en quelques chiffres nets : 6 conseils de quartier, 69 conseillères et conseillers élus, 24 soirées rencontres ouvertes aux habitants, 63 réunions en soirée, 95 réunions en journée, 24 réunions avec différents partenaires et 15 balades urbaines.

Mais selon la population (et les récentes affluences des réunions publiques rapportées par la presse), la démocratie participative dans notre ville c’est plutôt 9 personnes à Saint-Julien, une grosse vingtaine à Fonsala, une petite quinzaine à Izieux, guère plus dans le centre ville et encore moins au Creux.

Faites vos comptes…

Au crédit des conseils de quartier, la municipalité met en avant deux actions phares : la « résurrection Â» de la Fête des Fleurs à Saint-Julien et l’installation de deux composteurs collectifs au Creux. A cela, elle ajoute que les conseils de quartier ont été associés, sans en préciser les modalités, à diverses réflexions au cours des trois dernières années : aménagement du parc de Fonsala, choix de l’emplacement d’aires de jeux, mise en place de navettes estivales pour les personnes âgées, dénomination de rues, réhabilitation de deux places et rénovation d’une salle municipale.

L’intention est certes louable mais était-il vraiment utile de mobiliser 69 Saint-Chamonaises et Saint-Chamonais et de mettre en place 182 réunions pour obtenir après trois ans d’efforts ininterrompus un résultat qui fait dire à l’élu délégué aux conseils de quartiers qu’il est désormais temps de ne plus « se limiter au seul problème des crottes de chiens ou de trous dans les trottoirs, même si cela a son importance Â» ?

Tout cela valait-il vraiment le battage médiatique fait depuis 2008 par Monsieur KIZIRIAN et ses adjoints pour vanter les mérites de la démocratie de proximité dans notre ville ?

Les soirées ouvertes aux habitants et les balades urbaines auraient tout à fait pu être mises en place par la municipalité en partenariat avec les différents acteurs associatifs des quartiers de Saint-Chamond (notamment les centres sociaux), dans le cadre d’une relation de proximité permanente et de rendez-vous réguliers sur le terrain entre les élus et les habitants.

Une fois installés confortablement à l'hôtel de ville, les représentants de la gauche couramiaude n’ont-ils donc vu aucun intérêt à prolonger tout simplement leur porte à porte électoral dans nos quartiers et à entretenir la relation directe avec les Saint-Chamonais qui faisait leur fierté pendant toute la campagne municipale de 2008 ?

Gageons que ce contact continu avec les élus municipaux aurait suscité une meilleure mobilisation et une plus forte participation des citoyens au débat démocratique dans notre ville.

Notre collectivité aurait en tout cas pu faire l’économie de trois années de dépenses liées de près ou de loin au fonctionnement des conseils de quartier : service municipal dédié à la démocratie locale, organisation des réunions publiques, élection des conseillères et conseillers, frais de communication et de publications… etc…, autant de dépenses qui viennent s’ajouter au financement des opérations listées précédemment.

« Prenante et usante Â», la fonction de référent(e) de quartier exige à l'évidence énormément d’investissement, de disponibilité et d’énergie tant les problèmes du quotidien (sécurité, stationnement, circulation, propreté…) sont nombreux dans notre ville.

Par ailleurs, il n’est pas toujours aisé de « faire remonter Â» ces problèmes au sommet de la pyramide municipale, alors que, paradoxalement, la démocratie de proximité était censée faciliter le lien entre les citoyens et leurs dirigeants.

Selon leurs propres termes, les conseillères et conseillers sont trop souvent confrontés à une « lourdeur administrative qui fait obstacle à l’avancement des dossiers » et « malheureusement, tout n’est pas suivi d’effet Â».

Ces difficultés expliquent sans doute qu’une certaine forme de découragement et de lassitude ait pu gagner les premiers membres des conseils d’une part et repousser d’éventuels candidats à leur succession d’autre part.

Pourtant, souvenez-vous... En 2008, quand ils battaient encore la campagne pour se faire élire, Monsieur KIZIRIAN et ses amis nous promettaient des conseils de quartier dotés d'un budget autonome qui réuniraient largement les élus, les représentants des habitants, du monde économique et des associations.

Dans l’imaginaire de la gauche, ces instances de proximité devaient être le cadre privilégié de la participation des habitants au débat public et à la définition des projets et des actions qui les concernent au quotidien ; ils devaient aussi contribuer à améliorer l’investissement des biens et espaces publics, les transports en commun, le vivre ensemble, la reconnaissance et le respect mutuels dans la richesse des diversités.

A en croire la propagande électorale, les conseils allaient par ailleurs être consultés de manière systématique sur tous les grands projets de leur quartier et plus largement de la ville, avec un vrai pouvoir décisionnel.

Ils étaient ainsi appelés à peser à deux niveaux sur les choix budgétaires de la ville : d’abord au niveau ascendant à travers la proposition de projets et ensuite au niveau descendant à travers une consultation par la municipalité sur tous les grands projets intéressant leur quartier (à l’exception, semble-t-il, de sujets sensibles tels que la lutte contre l’insécurité ou bien le contenu de la requalification de l’ex-site Giat pour ne citer que deux exemples).

« Au service du vivre ensemble Â», les conseils de quartier avaient vocation à devenir un « formidable outil de modernisation de la vie sociale ».

« La participation de chacun à la vie de la commune Â» : tel était le credo, ou plutôt l’engagement électoral des leaders de la gauche couramiaude qui promettaient en 2008 de changer radicalement le visage de Saint-Chamond en révolutionnant les modalités du débat démocratique dans la ville, au nom d’une population soi-disant sevrée de moyens d’expression par une méchante politique municipale de droite.

Mais que représente en 2011 pour cette population le « formidable outil de modernisation de la vie sociale » qui devait faire de la démocratie participative une réalité ? Est-ce donc une réussite pour la municipalité de parvenir à rassembler, après trois ans d'exercice, 9 personnes à Saint-Julien, une grosse vingtaine à Fonsala, une petite quinzaine à Izieux, guère plus dans le centre ville et encore moins au Creux ?

Les chiffres sont impitoyables pour l'inéquation démocratique mise en oeuvre par Monsieur KIZIRIAN et ses amis : Saint-Chamond a aujourd’hui son compte des utopies de la coalition de gauche et d'extrême-gauche qui dirige notre ville, que ce soit en matière de démocratie locale, de lutte contre l'insécurité ou de développement économique.

Faute de participants, la démocratie participative ne permet pas à la gauche municipale de revendiquer en 2011 une légitimité populaire qu'elle n'avait pas totalement trouvée dans les urnes en 2008.

Et faute de respecter ses promesses électorales dans l'accomplissement de sa seconde moitié de mandat, l'équipe de Monsieur KIZIRIAN risque fort de faire face à une égale indifférence des Saint-Chamonais lorsque viendra le moment de solliciter à nouveau leurs suffrages.


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